• La mucoviscidose l'a emporté

     

     

    «Jeudi passé, depuis l'hôpital, Grégory m'avait envoyé un texto sur lequel il me disait: «Je m'accroche!». De leur côté, ses parents m'avaient bien sûr exprimé leur vive inquiétude. Son décès est une terrible nouvelle.» Gérard Louvin, qui fut le directeur du Château de Dammarie-les-Lys en 2004, a, en tant que tel, bien connu Grégory Lemarchal, emporté hier matin par la maladie, à 13 jours de son 24e anniversaire. «Le jeune Savoyard qui a participé à la quatrième édition de la «Star Academy» était un garçon adorable.»

    Il suscitait l'inquiétude
    Atteint de mucoviscidose depuis l'enfance, tout au long de l'émission de télé-crochet, le chanteur avait suscité l'inquiétude du public. De semaine en semaine, ce dernier se demandait si le Petit Prince - car tel a été finalement le surnom donné à Grégory - tiendrait le coup, resterait en piste ou si sa terrible maladie aurait raison de sa participation au jeu. Une maladie qui se présente, dès la naissance, par des sécrétions visqueuses qui s'accumulent dans les poumons. Avec les années, la capacité respiratoire diminue, le coeur doit battre plus vite et finit par se fatiguer. Le pancréas fonctionne mal, ce qui a des répercussions sur le foie, sans parler des autres complications. Ainsi de suite jusqu'à l'issue fatale.

    Il voulait se reposer et reprendre des forces
    On connaît la réponse. Oui, à force de volonté, le candidat avait non seulement bien su gérer sa pathologie - alors qu'il n'était jamais parti de la maison plus longtemps que 15 jours - mais il avait, en plus, gagné le concours. Durant le séjour au château, à la demande de son père, il ne dormait pas avec ses camarades, mais dans une chambre séparée, loin des caméras omniprésentes. Il s'absentait de certains cours pour être suivi médicalement. Un jour, en pleine leçon de gym, il s'était effondré. Et pourtant, malgré ses problèmes pulmonaires, il chantait avec une aisance qui laissait les uns et les autres pantois.

    Depuis mars dernier, Grégory avait décidé de faire un break dans sa carrière de musicien. Après deux albums et une tournée qui avait bien marché, il voulait se reposer et prendre soin de lui, afin de ne pas donner l'avantage à sa pathologie qui laisse rarement en vie ses victimes au-delà des 25-30 ans.

    «Il m'est arrivé de me lever aphone, mal en point le matin et de me dire que je ne pourrai pas monter sur scène le soir», avait confessé récemment Grégory à Télé Loisirs. «J'ai décidé de me retirer pour un long moment, un an sans doute...», avait-il encore confié, conscient qu'il s'était trop donné à sa passion pour la musique depuis plusieurs mois et qu'il était sur le point de se mettre physiquement en danger.

    Sa petite amie, Karine, était effondrée
    Si Grégory tenait tant à continuer à se battre contre son mal, c'est aussi qu'il voulait profiter de sa belle histoire d'amour avec Karine Ferri. Oui, vous savez, la séduisante présentatrice météo de M6 que l'on a d'abord connue dans les bras de Steven, le 2e Bachelor de la télévision française et qui était ensuite tombée amoureuse de lui il y a un peu plus d'une année.

    A la nouvelle de la mort de Grégory, la jeune femme, submergée par le chagrin, n'arrivait plus rien à faire d'autre que juste dire merci aux condoléances reçues et pleurer... Elle avait sans doute caressé l'espoir qu'en rentrant dernièrement à l'hôpital, Grégory prendrait une longueur d'avance sur la mucoviscidose. Qu'il leur resterait encore un peu de temps. L'éternité a eu le dernier mot. Grégory a rejoint sa grand-mère qu'il aimait tant et qui est décédée en 2006. Il la considérait comme sa deuxième maman, puis une fois partie pour toujours, comme son ange gardien. Interrogé alors sur ce qu'était la mort à ses yeux, il avait répondu: «J'ai envie de croire qu'il y a un ailleurs. Le néant, c'est trop triste. J'espère qu'il y a un monde parallèle où l'on garde la même âme».

    «Il a accompli son rêve»
    Photo © Slavatore Di Nolfi

    «J'ai produit le seul spectacle suisse de Grégory Lemarchal, le 23 mai 2006 à Genève. C'était un garçon simple et touchant, pas prétentieux. On connaissait tous sa maladie, mais son exploit était de réussir à nous la faire oublier. Sa mort m'a peiné. Pourtant, je suis heureux qu'il ait accompli son rêve. Il s'épanouissait avec un tel bonheur sur scène... C'est magnifique qu'il ait pu vivre cela.»
    Michael Drieberg, patron de Live Music Production à Nyon (VD)

    «Il avait une incroyable voix»
    «Grégory marquera la chanson française par son incroyable voix, son humour et son immense gentillesse, tant auprès de son public que des autres artistes qu'il côtoyait. De son entrée au château de la «Star Academy» à sa dernière prestation sur scène, Grégory aura toujours fait preuve d'un courage et d'une volonté hors du commun, qui l'auront aidé à repousser les limites de la maladie. Il restera, pour nous, un artiste au talent unique et à la voix inoubliable. Mais aussi un garçon simple et généreux.»
    Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France

    «Cette nouvelle est terrible»
    «Jeudi dernier, Grégory m'avait envoyé un texto. Il m'avait écrit notamment ces mots: «Je m'accroche». De leur côté, ses parents m'avaient dit leur préoccupation quant à son état. Cela fait donc quelque temps qu'on s'attendait à cette triste nouvelle. Elle est vraiment terrible.»
    Gérard Louvin, qui était le directeur du château de Dammarie-les-Lys en 2004, année à laquelle Grégory a participé à la «Star Ac'»


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